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À quel point la réalité dépeinte dans Black Mirror est-elle proche de la nôtre? Disons, beaucoup.

Voici quatre épisodes de la série percutante de Netflix qui se rapprochent probablement plus de la réalité que vous ne le pensiez.

Est-ce la vie qui imite l’art ou l’art qui imite la vie? Véritable Twilight Zone des temps modernes, Black Mirror est une série de compilations aussi captivantes que percutantes qui met en scène des façons dérangeantes dont la technologie pourrait se retourner contre nous ou être poussée à l’excès. En d’autres mots, une série qui donne matière à réflexion.

Répartis en quatre saisons, les 19 épisodes vous en mettront plein la vue, puisque le quotidien dépeint est non seulement effrayant, mais, surtout, plus proche de la réalité qu’on ne le croit. Voici les quatre épisodes les plus effrayants. (Note : divulgâcheur à l’horizon si vous n’avez toujours pas regardé la série.)

Les chiens robots déraillent

Dans l’épisode Metalhead de la quatrième saison, une femme vivant dans ce qui semble être une époque post-apocalyptique est chassée par des chiens robots qui ont pris le contrôle de la société, tuant sauvagement quiconque se trouve sur leur chemin. Ces chiens n’ont rien à voir avec l’adorable Aibo de Sony. Vous ne courez probablement aucun risque à ramener ce toutou par excellence à la maison.

Mais saviez-vous que ces chiens robots terrifiants armés de couteaux sont en fait inspirés des robots K-9 actuellement au stade de conception par la société d’ingénierie robotique Boston Dynamics? Avez-vous vu ces vidéos? C’est terrifiant. De toute évidence, un chien robotisé doté d’une vitesse et d'une dextérité impressionnantes est prometteur pour l’avenir de la technologie. Du moins, tant qu’il ne devient pas dangereux.

Te souviens-tu quand...

Dans l’épisode The Entire History of You de la première saison, des implants enregistrent ce que vous faites, voyez et entendez afin que vous puissiez réécouter vos souvenirs, bons comme mauvais, de n’importe quel moment de votre vie. Ça paraît dingue? Le robot Kuri doté d’une intelligence artificielle de l’entreprise Mayfield Robotics vous suit de près et enregistre automatiquement les moments qu’il juge dignes pour la postérité. Comme c’est mignon...

Snap! Inc. va encore plus loin en proposant ses lunettes Spectacles qui enregistrent des vidéos de 10 secondes depuis votre point de vue, ce qui vous permet de réécouter, partager ou sauvegarder vos souvenirs. Quant à Samsung, l’entreprise repousse les limites grâce à son brevet déposé en 2016 pour des verres de contact munis de capteurs et d’une caméra capables de projeter des images directement sur les yeux de l’utilisateur.

Le « vous » virtuel

À quel point vos activités en ligne en révèlent-elles sur vous? Dans l’épisode Be Right Back de la deuxième saison, une femme pleure la mort de son petit ami (joué par Domhnall Gleeson, le général Hux dans Star Wars) et utilise la technologie pour communiquer avec une version artificielle de lui. Est-ce bien lui? Sa voix, ses goûts et même sa personnalité sont reproduits à partir de données extraites de sa présence en ligne. Si vous utilisez les médias sociaux, vos données sont déjà utilisées, entre autres choses, pour la publicité ciblée. De plus, des milliers de messages, de demandes de renseignements et de conversations avec une intelligence artificielle comme Google et Alexa pourraient théoriquement mener à la création d’un « vous » virtuel.

Mais tout ça n’a rien de nouveau pour l’entreprise Hanson Robotics (les créateurs de la désormais célèbre Sophia), qui a construit et programmé l’étrange robot BINA48 à partir de plus de cent heures de « mémoires, sentiments et croyances » de la femme de l’inventeur. Posez-lui des questions, interagissez avec elle, et ses réponses seront données en fonction de ces traits. Ça donne froid dans le dos.

Combien de « j’aime »?

L’épisode Nosedive de la troisième saison, mettant en vedette Bryce Dallas-Howard, nous plonge au cœur de notre obsession des médias sociaux et des classements en ligne en transposant votre statut dans la réalité quotidienne. Chaque personne avec qui vous interagissez, que ce soit le type qui vous sert du café ou l’inconnu que vous croisez dans la rue, vous accorde une « note » d’un simple glissement de doigt sur leur appareil. Par la suite, votre note globale a une incidence sur votre carrière, votre situation sociale, et même les quartiers où vous souhaitez vivre. Voyez ce concept comme un classement des pages trouvées par les moteurs de recherche, mais pour les humains.

Uber utilise déjà un concept semblable où vous pouvez donner une note au service d’un conducteur qui, en retour, peut également vous donner une note en tant que passager. Grâce à ses renseignements, le conducteur peut décider en toute connaissance de cause s’il souhaite aller chercher le passager, et celui-ci peut choisir s’il souhaite faire appel aux services de ce conducteur. Toutefois, le gouvernement chinois semble passer en vitesse supérieure. En effet, celui-ci projette de mettre sur pied un système omnipotent de « crédit social » qui donne à chaque citoyen une cote permettant de classer sa fiabilité. D’ici 2020, le gouvernement prévoit que tous les citoyens seront inscrits à une base de données qui utilise tous les types de renseignements, des infractions au Code de la route aux renseignements fiscaux, pour donner une cote. De quoi vous rendre fou. Vous n’avez qu’à demander à Bryce.